- Les médias doivent-ils être la caisse de résonance des groupes radicaux ?
- Comment concilier le droit à l'information et le devoir de sécurité et d'éthique ?
Plusieurs journalistes venus de l'intérieur et des zones frontalières du Bénin prennent part depuis ce lundi 21 septembre 2026 à Abomey, à un important séminaire de formation organisé par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication du Bénin (HAAC), sur la couverture médiatique professionnelle des faits liés à l'extrémisme violent.
En effet, l’extrémisme violent se nourrit de visibilité. Pour les groupes radicaux, la terreur est autant une action sur le terrain qu'une stratégie de communication. Face au piège d'instrumentalisation, la HAAC a décidé de doter les professionnels des médias d'outils rigoureux pour traiter l'information sensible sans nuire à la sécurité nationale.
Au nom du Président de la HAAC, Me Mohamed BARE, vice-président de l'institution de régulation a rappelé que l'objectif du séminaire n'est en aucun cas de restreindre la liberté de la presse : « Il s’agit de vous doter d’outils rigoureux pour concilier le droit à l’information et le devoir de sécurité et d’éthique. Chaque image choc diffusée, chaque manifeste relayé pose une question fondamentale : les médias informent-ils réellement, ou servent-ils d’outils de propagande ? »
Pour le Secrétaire général de la HAAC, M. François AWOUDO, l'enjeu est capital dans le contexte actuel. Selon ses dires, l'extrémisme violent cherche à occuper l’espace médiatique, instrumentaliser la peur et polariser la société. D'où la nécessité pour les journalistes d'adopter une posture vigilante et professionnelle.
En clôturant son intervention, le Vice-président a souligné le rôle clé de la presse dans la cohésion sociale : « Le journaliste de qualité est un rempart contre la peur et la division. En informant le public de manière factuelle, équilibrée et responsable, vous contribuez activement à la résilience de nos sociétés face à la violence ».
C'est ainsi parti pour trois jours de travaux au cours desquels, communicateurs et participants échangeront autour de plusieurs modules clés à savoir :
- La rigueur terminologique dans le traitement des actes terroristes ;
- La vérification stricte des sources d'information ;
- La protection et le respect de la dignité des victimes ;
- La sécurité des journalistes sur le terrain.
La HAAC reste engagée pour une presse libre, épanouie, mais responsable.
AP / HAAC BÉNIN